06 février 2016

ARTIPS, ou les petites histoires de l'art.

Ce matin je me sens dans un bon jour... il fait beau, la vie est belle et il y a tant de choses à voir ...
Eh bien pour fêter ça,  je vous fais un cadeau :

Je vous invite à découvrir ARTIPS

Artips, kéz'aco ? ( comme dirait ma grand-mère en patois du sud-ouest)

C'est une de mes trouvailles récentes, un magazine web qui rassemble des spécialistes en art, professeurs, amateurs, critiques, chroniqueurs, qui vous concoctent chaque jour une petite histoire amusante, décalée ou mal connue issue de la grande histoire de l'art .
Inscrivez-vous à Artips ( ndla : c'est gratuit) , et recevez dans votre boîte mail 3 ou 4 fois par semaine un article qui vous égaiera ou vous instruira ...
En voilà quelques exemples.

Mieux qu'une poupée gonflable ...


 Nous sommes à Vienne, en 1912, et Oscar Kokoschka est follement amoureux d'Alma Malher.
Il l'aime, il l'adore, et il la peint sous toute les coutures, comme ici dans la Fiancée du Vent

Oskar Kokoschka, La Fiancée du vent, 1913, huile sur toile, 1,80 x 2,20 m, Kunstmuseum, Bâle © Fondation Oskar Kokoschka / ADAGP, Paris, 2016
Mais hélas pour lui, Oscar est exclusif et jaloux, très jaloux ... et la belle Alma se lasse de cette liaison passionnée, c'est la rupture.
Passionnément amoureux, Oscar est donc passionnément malheureux, et tente d'oublier sa belle par tous les excès, et même en partant au front. Mais rien n'y fait ...
A son retour en 1915, il prend une étrange décision : Alma ne veut plus de lui, eh bien il va faire fabriquer son double ... en poupée !
Et il a des recommandations très précises : la poupée doit être grandeur nature et ressembler à Alma.
Il souhaite “avoir la certitude de trouver dans cette poupée un être vivant et tendre, plus humain qu’humain.”
La poupée et la marionnettiste Hermine Moos
 Le résultat serait pour nous bien décevant, une poupée de chiffon qui a peu de choses à voir avec son modèle, mais curieusement cela ne semble pas gêner Oscar : il l'habille, la peint, la dorlote ...
Cette femme en bleu est un portrait de la fameuse poupée :
Oskar Kokoschka, La femme en bleu, 1919, huile sur toile, Staatsgalerie, Stuttgart © Fondation Oskar Kokoschka / ADAGP, Paris, 2016
En 1922, il décide de la présenter officiellement à ses amis au cours d’une fête très arrosée. Emporté par l’alcool, Kokoschka décapite la poupée et jette le corps dans la fontaine du jardin.
À chacun son remède aux chagrins d’amour…

C'est du chinois

Où on peut lire du chinois sans effort.

New York, 1999. Une bannière est accrochée sur la façade du MoMA.
A première vue, elle est écrite en chinois... Du chinois, vous êtes sûr ? Regardez-la donc de plus près !


Son auteur est l’artiste chinois Xu Bing. Sur cette bannière, il invente une façon chinoise d’écrire l’anglais.
 Les lettres de chaque mot sont disposées en suivant la règle chinoise de l'ordre des traits : partir du haut à gauche pour finir en bas à droite.
Regardez le premier “caractère” : il est formé d’un “A” en haut, puis d’un “R” en-dessous à gauche et d’un “T” à droite. C'est donc “Art”.
Et ainsi de suite ...
Xu Bing a inventé la « calligraphie des mots carrés », car chaque mot s'inscrit dans un carré, comme les caractères chinois.

Il faut dire que cet artiste était adolescent au moment de la révolution culturelle, et qu'il fut chargé de créer des bannières de propagande en mêlant calligraphie et graphisme. Une expérience qui l’a marqué, car depuis, ses travaux tournent bien souvent autour de l’écriture.

Les chinois new-yorkais furent bien perturbés par cette bannière : ils eurent l'impression de voir leur langue sans la comprendre .

Des villes pour fourmis

Certains collectionnent des timbres, des tabatières ou des cartes postales, Louis XIV, lui, collectionnait ... des villes .

Il aimait les collectionner par ses conquêtes, et il aimait aussi les avoir sous les yeux en permanence !
Pour cela, il fit fabriquer d'extraordinaires plans-reliefs .

Plan-relief de la ville de Lille, 1740-43, Palais des Beaux-Arts, Lille
Ces somptueuses maquettes réalisées à l'échelle 1/600e sont d'un extrême précision, et certaines mesurent plus de 7 mètres de long !
Elles sont réalisées sur des tables qui s'encastrent les unes avec les autres comme un gigantesque puzzle .
Le sol est représenté grâce à du sable pulvérisé sur de la colle. Les champs sont en  soie colorée et les arbres en tissu.
Chaque maison de bois est recouverte de papier rappelant les briques et les toits.
La prouesse technique est telle que l’on peut reconnaître des bâtiments qui existent encore aujourd’hui !

Plan-relief de la ville de Bergues, 1699, Palais des Beaux-Arts, Lille
 
Une partie de cette collection royale peut être admirée au Palais des Beaux-Arts de Lille, où les maquettes sont rassemblées sur un niveau entier.


Bon alors, ça vous a plu ?
Si c'est le cas, inscrivez-vous donc sur Artips, et vous aurez vous aussi votre petite histoire instructive, originale ou amusante sur un sujet artistique ...



Bon week-end à tous !

Martine Belmon
Artiste peintre et curieuse

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