13 juin 2016

Christian GEAI, un maître dans l'Art de l'Enluminure

Enlumineur, au passé et au présent


Quand j'ai rencontré Christian GEAI, la première fois, son travail, sa technique et ses toiles m'ont fasciné,  mais l'écouter parler de sa vision de la peinture, c'est encore autre chose. 

Il a de multiples facettes et pratique toutes les techniques de peinture, de la miniature à la fresque. Pourtant, celles qu'il préfère sont, sans aucun doute, les techniques de la peinture à l’œuf,  de l'encre ferro-gallique, des pigments naturels et de la dorure sur parchemin.


LES FABLES DE LA FONTAINE oeuvre de Christian GEAI

Né à Cholet (49) en 1949, Christian GEAI dessine et peint depuis son plus jeune âge. Il finira son apprentissage de base classique à l'Ecole Supérieure des beaux Arts près de Hambourg en Allemagne, mais, comme il le dit si bien, "on n'arrête jamais d'apprendre". 

A son retour en France, dans les années 80, ses toiles feront l'objet de nombreuses expositions. Il innove avec un atelier de faïence et, pour ces pièces appréciées par des collectionneurs en Europe, au Japon et aux Etats Unis, on lui attribuera le Grand prix de région Pays de Loire et le titre de Second Meilleur Artisan de France en 1983.


La finesse de son dessin et son amour pour l'histoire,  lui "ouvrent" les portes de l'enluminure. Bien que cela soit un art complexe, il a toutes les qualités pour être enlumineur : minutieux, observateur, coloriste et infiniment patient. Un homme passionné par les  maîtres d’antan,  que ce soit les artistes florentins, vénitiens ou flamands,  surtout ceux de la Renaissance qui ont su donner à leurs œuvres, une finesse et une transparence inégalées.

En 1988,  il ouvre à Nice une école d'art , puis  une galerie atelier dans la rue Droite du Vieux Nice, face au Palais Lascaris : ARTDEC, une école qui était spécialisée dans la décoration d'intérieur, l'architecture d'intérieur, la peinture décorative, mais aussi la préparation aux concours d'entrée aux grandes écoles. 


Enluminure du Vieux Nice- Christian Geai

Ses connaissances et sa maîtrise, il les a mises à disposition de ses élèves dans le cadre d'un apprentissage.  J'ai eu la chance et le grand bonheur d'en faire partie.

Aujourd'hui, il se consacre presque uniquement au  dessin, aux couleurs et aux techniques  médiévales. 



Christian GEAI  réalise ses propres créations, soit sur des thèmes littéraires ou historiques, soit pour des particuliers tels que les Châteaux de France qui passent commande pour la réalisation de cartes de vœux, de menus, de diplômes, d’arbres généalogiques,  d’affiches, de blasons…. 
Les enlumineurs sont de véritables artistes créatifs et coloristes. qui  réinventent leur art avec des thèmes actuels  tout en respectant les styles et univers médiévaux. 
Château de Meillant- Christian Geai



Chateau de Trédion - Christian GEAI







Mais quelles sont les techniques de l'enluminure ?



Encore une fois,  nous allons remonter le temps car,  si à l'époque Romane, sa pratique était courante, de nos jours,  rares sont ceux qui maîtrisent cet art médiéval.





Qu'est-ce que l'enluminure ?
L'enluminure est une peinture ou un dessin exécuté à la main qui décore ou illustre un texte, généralement un manuscrit. Cette technique comprend l'esquisse, le mélange des pigments de couleurs avec la colle animale et le coloriage par couche. 
Les couleurs sont obtenues à partir de produits végétaux, animaux et minéraux : fleur de safranracine de garance et de curcumacochenillescoquillagesfoies d’animaux, urinelapis-lazuli et, parfois, les peintres peuvent utiliser de la graisse animale.  Cela permettait d’obtenir un mélange visqueux. 
A l'origine, c’était la meilleure façon, pour eux, d’obtenir un mélange qui résistait au grand froid. La graisse animale était surtout de la graisse de mouton ou d’agneau car c’était  la plus dense.   A l'or, était parfois substitué de l'étain coloré au safran . La poudre (ou la feuille d'or) de ces précieux métaux était posée sur le parchemin, après avoir recouvert la place d'un mélange de vermillon, de cinabre et de blanc d'œuf (clarea) pour le fixer et lui donner de l'éclat, c'est l'assiette.
On peut donc parler de « manuscrits enluminés », de « manuscrits à miniatures », et même de « manuscrits à peintures », comme le font certains spécialistes, puisque l'artiste chargé de cette part de l'œuvre était nommé "pictor" au Moyen Âge, pour le distinguer du scriptor (étymologiquement ce terme a donné scribe c'est-à-dire« celui qui écrit » mais copiste est plus adapté pour le Moyen Âge) chargé de la seule copie du texte.

Des moines enluminaient les livres rédigés par des moines copistes. La technique de l'enluminure comporte trois activités : l'esquisse, le mélange des pigments de couleurs avec la colle animale et le coloriage par couche.

Le terme « enluminure » est souvent associé à celui de « miniature ».   qui désigne les images peintes de petite taille, comparées aux tableaux et aux peintures murales (fresques). 

On peut établir différentes distinctions : scènes figurées, compositions décoratives, initiales ou lettrines, signes divers. Ce n'est donc pas seulement la simple lettrine (la lettre mise en couleur) des copistes en début de chapitre ou de paragraphe.

Lettrine  


Au Moyen Age, les œuvres étaient essentiellement religieuses.

L'enluminure occidentale  est faite, principalement, sur du parchemin, mais auparavant, elle se faisait sur du Papyrus.

Les premiers manuscrits enluminés sont les ouvrages de l'Égypte Pharaonique, constitués de papyrus et en forme de rouleaux plus ou moins longs. Par exemple, le Livre des Morts d'Ani (British Museum) mesure 24 mètres,

La scène finale du papyrus d'Ani (formules 185 et 186).

 le Manuscrit de Turin environ 58 mètres. (Le manuscrit de Turin L. V. 32 a péri dans le désastreux incendie de 1904). Certaines pièces ont, jadis, été copiées à usage privé (les Neuf joies Nostre Dame).

Le papyrus est très fragile et absorbe facilement l'encre et les couleurs. Le parchemin est beaucoup plus résistant et offre plus de possibilités à la création artistique du fait qu'il supporte mieux l'action chimique des encres et des couleurs.



De plus, la source quasi unique de roseau produisant le papyrus qu'était la vallée du Nil s'est tarie pour l'Europe à l'invasion des Arabes au viiie siècleaprès une trentaine de siècles d'usage du volumen .


Les livres écrits  se nomment Volumen ou Codex.

On appelle volumen, le livre formé d'une feuille unique faite de plusieurs feuillets cousus à la suite les uns des autres, et enroulée sur elle-même ou sur un bâtonnet de bois. Le mot vient du latin volvere, rouler, enrouler. La longueur d'un rouleau peut être de quelques mètres tandis que sa largeur/hauteur est de 30 à 40 centimètres.
Le codex est un livre à  pages empilées cousues, qui apparaît au iie siècle
Il représente un progrès remarquable par rapport au volumen.


Vers le iiie siècle, le codex de parchemin a commencé à remplacer le volumen. Ce dernier avait, pour inconvénient, d'obliger à dérouler le rouleau pour accéder à un texte précis

Le parchemin le plus apte à recevoir un texte calligraphié et enluminé est préparé à partir de peaux d'animaux maigres, comme le mouton et la chèvre.

Le codex avait l'avantage de permettre d'accéder directement, par feuilletage, aux pages placées en son milieu. Rendu aisément reproductible grâce à l'impression du papier sur bois et sur métal, il est devenu le livre imprimé qui, à la fin, du xve siècle, bouleverse l'économie du savoir et de sa transmission. (sources Wikipédia).


Site intéressant sur les livres rares : www.bibliorare.com


(Le mode de lecture du volumen a connu une réinterprétation inattendue dans le mode de déroulé propre à la lecture sur les écrans associés aux ordinateurs à partir de 1960.  Il est souvent vertical, parfois horizontal (notamment dans les applications permettant d'écrire et/ou de lire des partitions de musique) et son codex historique est apparu avec les hyperliens.)

Le plus ancien manuscrit enluminé romain est l’Itala de Quedlinbourg  ( ve siècle)


Scènes du chapitre XV du Premier livre des Rois du Quedlinburg Itala.

C'est à partir du VIe siècle que l'influence byzantine apporte les couleurs et l'or dans les enluminures,  mais les rehauts d'or ou d'argent n'apparaissent qu'au XIe siècle.

Au vie siècle, la littérature profane n'est pratiquement plus représentée dans les manuscrits enluminés. Les livres sont destinés à l'usage presque exclusif des gens d'Église. 



Au IX ème siècle , DROGON, le fils de Charlemagne a été un des grands mécènes de cet art en faisant rédiger et peindre pour son usage personnel,  un manuscrit enluminé Carolingien
Folio du Sacramentaire de Drogon, ca. 850: Initiale décorée 'C' .

Le Sacramentaire de Drogon (Paris, Bibliotheque Nationale, MS lat. 9428) est un manuscrit enluminé carolingien sur papier velin (parchemin), un des chefs d'oeuvre des livres illustrés carolingiens.

Et une petite merveille que j'apprécie tout particulièrement : Le Livre de KELLS, que j'ai pu voir en Irlande ....
et qui a fait l'objet d'un superbe film d'animation en 2009 : Brendan et le secret de Kells


Cette page (folio 292r) contient le texte richement décoré introduisant l'Évangile selon Jean.





De nos jours,  
Les techniques de l'imprimerie et de la gravure ont fait presque disparaître l'enluminure. Toutefois, il existe quelques livres imprimés qui en sont ornés.
L'art de l'enluminure s'exerce dans des domaines d’activité très variés : restauration et réplique de manuscrits, enseignement, artisanat, illustration d’art, œuvre originale (diffusion ou création contemporaine), publicité.
Enluminure est un métier d'Art enseigné par des enlumineurs professionnels ou par des écoles.  L'Institut National des Métiers d'Art propose des formations mais si celles ci sont nombreuses pour la calligraphie, il n'en est pas de même pour l'enluminure, beaucoup plus rares.  On estime à une soixantaine, le nombre d’enlumineurs professionnels en France.
Les manuscrits semblent peu restaurés mais leurs répliques sont très prisées car  l’enlumineur conserve la mémoire du passé et perfectionne son savoir.  Il faut parfois plus de cent heures pour réaliser une œuvre.


Christian GEAI Artiste, enlumineur et enseignant...

Il ne fait pas que produire, même si, comme nombre d'artistes, il vit de son art. 
Il  peut,  si vous le souhaitez, vous enseigner et vous aider à créer vos propres enluminures. Vous pouvez le contacter sur FB.




J'attends vos premières œuvres....

et  vous aurez, peut-être, droit à un article élogieux !









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